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16 août 2015

Mon témoignage de végétarienne

Végétarienne depuis une dizaine d'année, je vais vous raconter mon histoire. Parler de soi est une belle manière je trouve pour partager ses idées dans la douceur et le respect de l'autre.

Je n'aborde pas dans cet articles les impacts de la viande et les informations documentées à propos du lien entre la viande et l'écologie/l'éthique/la santé, etc... Mais je vous invite à vous documenter sur ce site par exemple : viande.info


Mon passage au végétarisme n'a pas été très compliqué pour moi, car par chance je n'ai jamais vraiment aimé la viande.
Au delà d’une question de goût (même si petit enfant je n'avais pas vraiment conscience de ce qu'était la viande) inconsciemment cela me mettait mal à l'aise et m’écœurait.
Mais la viande, me disait-on, rend grand et fort... J'étais alors forcée d'en consommer.

C'est petit à petit, face à mon écœurement de plus en plus parlant, que j'ai commencé à faire le lien entre cette viande et ces animaux sensibles que je respectais (dans mon cœur mais pas encore dans mon assiette...)
Ces morceaux d'animaux que l'on me servait... cette chair, ces tendons, ce sang, ces os dans mon assiette, dans ma bouche... La viande avait comme un arrière goût de barbarie...

Ce qui m'as le plus percuté je pense, c'était de prendre conscience qu'il y avait au fond si peu de différence entre un homme, un blanc ou un noir, un enfant, un chien ou une vache... Nous sommes des mammifères ! Tellement semblables... Comment pouvons nous, pour un peuple dit civilisé, donner la mort à nos semblables et manger leurs cadavres?

Comment pouvons nous manger des bébés me disais-je... Ces veaux et ces agneaux... Ayant moi même conscience de la fragilité, de la sensibilité et de l'innocence qui émanait de l'enfant que j'étais...

Mais sous l'autorité et par conformisme, j'avalais mes morceaux de viande, pourtant...
C'est à 18 ans que je me suis sentie libre de commencer à vivre suivant mes propres convictions. J'ai donc dans un premier temps arrêté de manger les mammifères. Et six mois plus tard j'ai naturellement écarté le poulet de mon assiette. Je me sentais soulagée, libre et fière. En paix.

Puis à cette période je visionnais des vidéos sur les abattoirs. Mes larmes ont beaucoup coulées, j'en défis le plus endurcit qui soit !
Je découvrais avec effrois que manger de la viande représentait encore plus que le simple fait de manger des animaux morts, comme "nous l'avons toujours fait."
Je regardais ces vidéos assidûment, car elles me semblaient trop effroyables pour que tout le monde puisse les ignorer et les consentir. Je regardais pour compatir, j'avais besoin de pleurer pour ces pauvres bêtes, dont leur souffrance n'est pas moindre que celle d'un homme ni même d'un chien. Mais que tout le monde cautionne.

La viande m’écœurait au plus haut point. Pour vous donner une métaphore pour que vous puissiez comprendre mon mal être face à cette viande, ça m’écœurait comme si il y avait dans mon assiette des morceaux de cadavres humain issus d'un camp de concentration.
Un cochon a semble t-il le même goût que la chair humaine. Un cochon a la même intelligence qu'un enfant de deux ans. Je ne mangerai ni un enfant, ni plus jamais un cochon.

C'est donc à l'âge de 18/19 ans que je prenais conscience de l'ampleur de cette industrie effroyable; ces camps de concentration pour animaux ! Ces milliards d'êtres sensibles exploités, torturés, humiliés, abattus... pour l'argent. Car bienheureux celui qui pense que l'on tue pour manger. On tue maintenant pour l'argent, le profit et le pouvoir.

L'homme est omnivore, cela veut dire qu'il peut manger de tout et non pas qu'il doit manger de tout.

J'ai eu plus de mal à arrêter le poisson. Il m'a fallu attendre plusieurs prises de conscience avant d'y renoncer... Certains de mes rêves la nuit m'y ont aidé, je vous conte le plus joli :

J'étais à la rivière, je pêchais un poisson. Je le frappe contre un mur pour le tuer. Il y a du sang partout et je me rends alors compte de mon acte barbare. Je me mets à pleurer. Puis je vois le poisson qui s'envole avec ses nageoires, arrive près de mon visage, et mange mes larmes en guise de pardon.

Quelques temps après, je commandais, malgré mon rêve, un poisson au restaurant. Mon ami avait lui commandé un "Poisson bleu". Il portait en fait ce nom car il était cuit d'une manière à ce qu'il soit de couleur bleu. Presque cru, il était présenté entier dans l'assiette, entortillé sur lui même. Et ce plat n'avait pour moi rien d'appétissant. Je voyais le cadavre d'un être innocent, bleu de terreur, tordu de douleur, comme s'il avait été ébouillanté vivant. Mes larmes m'ont échappées sans même les avoir sentis arrivées...
Mon poisson aux amandes dans mon assiette me regardait morbidement, avec sa bouche ouverte et ses yeux blancs..

A partir de là je n'ai plus mangé de poisson. Et les dernières fois que j'en avais mangé, ça m’écœurait.


Mais ce n'était pas fini... Je découvre il y a à peine plus d'un an, un nouvel aspect qui m'étais totalement inconnu. Le laitage ! C'est un sujet sur lequel je n'ai pas percuté intuitivement ! Bien que j'ai toujours vu les vaches comme des grosses mamans pleines d'amour, et que pour rien au monde je ne mangerai plus sa personne ni son bébé.
Mais voilà que je réalise que pour boire son lait, faire nos fromages et nos yaourts, il y a tout un procédé loufoque et terriblement cruel ! C'est une incohérence tant au niveau éthique qu'au niveau santé ! Renseignez vous: Le lait : Mensonge et vérité

J'en mange encore j'avoue lorsque je suis invitée chez des gens. Mais je tends à l'éliminer entièrement de ma consommation ! J'adorais le fromage, mais je profite de ma conscience pour qu'elle ne me fasse voir dans le fromage que du dégoût pour de la sécrétion mammaire de vache non consentantes et exploitées.

Donc la vache est tout d'abord inséminée artificiellement (c'est à dire violée)
Lorsque son bébé voit le jour, on le lui arrache, pour donc lui voler son lait. Pour nous, européens qui en devenons malade (le lait de vache est fait pour un veau de 200kg) pour nous qui buvons ses sécrétions mammaires souvent pleines de pue vu les conditions...
La vache a des sentiments maternels et peut pleurer des jours la perte de son bébé. Je la comprends, je n'aimerais pas qu'on me vole mon bébé pour l’emmener à l'abattoir si c'est un garçon, ou à l'exploitage si c'est une fille.
On viole donc la vache et on vole son lait jusqu'à l'épuisement de la mère, qu'on jette alors à abattoir comme un vulgaire objet; A peine assommée et parfois encore consciente, en la pend par une patte, on l'égorge, on la découpe...

              Ma transition s'est donc fait petit à petit, j'ai écouté mon corps, mon cœur et mon niveau de conscience. Je pense que c'est une bonne chose et j'encouragerais les gens qui y sont sensibles à être tout simplement à l'écoute d'eux-même, sans se soucier du jugement des autres. Pour moi chaque prise de conscience, si petite soit elle, est un pas en avant, même si elle n'amène pas à l'action tout de suite.
Être seulement capable de reconnaître que manger de la viande, du poisson et des laitages, ou acheter du cuir, n'est pas un acte anodin.
Je ne peux pas me permettre moi même de juger, étant donné que je ne suis pas parfaite : je mange encore parfois un peu de fromage lorsque je suis invitée et que je porte des bottes en cuir (achetées dans les vides greniers pour ne pas favoriser le commerce)
L'idée n'est pas de se juger soi même ou de culpabiliser les autres. Si l'on œuvre pour le bien, autant le faire dans la tolérance.
Chacun a son chemin, ses révoltes, ses convictions, ses combats, ses croyances..

Et vous quel est votre avis? Quel a été et quel est votre rapport à la souffrance animale et au contenu de nos assiettes ?

«D’un point de vue bouddhique, tous les êtres sensibles – les êtres doués de sentiments, d’expériences et de sensations – sont considérés comme égaux. Nous autres, êtres humains, sommes en mesure de nous passer de viande. En tant qu’être humain, je pense que notre nature profonde nous porte au végétarisme, ainsi qu’à faire tout notre possible pour éviter de nuire aux autres espèces.» (Le Dalaï-lama).

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